Le 45ème Chapitre Général a pris fin à Rome le 08 juin 2014 après avoir duré sept semaines bien remplies. A la fin du Chapitre, j’ai fait un tour en Espagne pour rencontrer le personnel de PROYDE et manifester notre gratitude à tous ceux qui nous ont soutenus jusque-là. J’ai profité pour rendre visite ànos Frères aînés qui ont travaillé au Golfe du Béninet qui sont retournés dans leur District d’origine. Cela fait plus d’un mois que je suis de retour, sans vous partager quelques-unes de mes impressions. En effet, à mon retour, il fallait rencontrer les Soeurs Guadaloupaines en visite de prospection dans notre District, préparer le Conseil et répondre aux courriers les plus urgents… Même si les espoirs sont presque déçus, je voudrais cependant m’acquitter de cette dette.

Le Chapitre Général

1. L’accueil : accueillir plus d’une centaine de Frères venant de toutes les parties du monde n’était pas facile. J’ai senti l’énorme travail de préparation qui avait été fait parles différentes commissions. Depuis le Meetingpoint situé dans le hall de l’aéroport jusqu’à l’attribution des chambres à la maison généralice, rien n’est laissé au hasard. Je me suis senti Frère parmi les autres Frères, même si la barrière de langue était considérée comme un handicap majeur.

2. L’organisation : dans la perspective des organisateurs, le 45ème Chapitre est un chapitre « sans papier ».Il fallait s’initier à l’utilisation du « Google Drive ». Cependant, dans notre trousseau de travail se trouvait en format papier tout le programme des deux premières phases : la phase d’ouverture et d’évaluation y inclut la retraite préparatoir eaux travaux. A ma grande surprise, nous avons respecté les activités prévues sur une vingtaine de jours sans avoir eu besoin de faire de gros aménagements. Les moments de travaux en petits groupes linguistiques, en grand groupes linguistiques, en groupe régional, en groupe thématique ou en commission….Tout était organisé de manière à élargir le nombre de personnes ; ou a changer de groupe aux participants pour un brassage de plus en plus diversifié avec un grand nombre de Frères, de telle sorte qu’on pouvait avoir un contact avec tous les capitulants sans distinction de langue ni de zone géographique.

Au fur et à mesure que j’avançais dans le Chapitre, je m’appropriais les enjeux d’un Chapitre Général don tl’un des objectifs est de fournir des textes d’ordre législatif ou administratif pour la bonne marche de l’Institut. A mon avis, une question se pose : comment arriver à un consensus sur des textes où les faits et les pratiques sont vécus dans une grande diversité ? Sil’Esprit a été à l’oeuvre et nous accompagnait durant tout le Chapitre, il ne faut pas sous-estimer le« management » des différents modérateurs chargés e conduire les assemblées plénières.

3. Les moments forts :

J’ai trouvé très solennelle la cérémonie d’ouverturedu chapitre qui a commencé dans le jardin avec le décor de Parménie. La procession qui nous a conduits au sanctuaire où nous nous sommes remis entre les mains de Dieu par l’intersession du Saint Fondateur dont je sens la présence physique à travers ses reliques, est le signe d’un retour aux sources. Chacun pouvait trouver un sens à chaque symbolisme selon l’inspiration du moment. En signant l’acte de constitution du Chapitre dans la salle capitulaire, j’ai réalisé cet engagement que je prenais, et qui se transformait par moment en grande émotion.

4 -L’élection du Supérieur Général:

Le second temps fort que j’ai vécu pendant le Chapitre est l’élection du nouveau Supérieur Général. En effet, ce 20 mai je devais présider la prière dans mon groupe linguistique. Le thème du jour était le Bon Pasteur. Et ce Pasteur qui prend soin de ses brebis et appelle chacune par son nom, était nécessaire pour prendre les destinées de l’Institut en main durant les sept prochaines années. Toute ma préparation avait été orientée dans ce sens. Ceci étant, j’ai vécu l’événement d’une manière particulière. Depuis les différents sondages, les retraits des noms des Frères qui se sont désistés jusqu’au début des votes, j’étais toujours serein. Mais quand le coordinateur du Chapitre, Br. Ambrose Payne ordonna aux Consultants, aux secrétaires, aux photographes et même aux traducteurs de quitter la salle capitulaire, laissant seulement les capitulants en présence de Dieu et face à leur conscience dans une « Aula Magna » aux portes closes, j’étais ému. Je me demandais ce qui allait se passer ! J’ai gardé mon souffle jusqu’à ce que le sort ne tombe sur le Frère qui sera désormais le nouveau Supérieur Général. Tout le « protocole » pour que Br. Robert SCHEILER, le nouveau Supérieur, accepte cette charge, et que le Supérieur sortant lui remette les symboles de l’Institut, ne laissait personne indifférent. La joie et l’émotion faisaient bon ménage. Les plus sensibles ne pouvaient dissimuler leur larmoiement. Pour moi c’est un moment inoubliable.

5-La révision de la Règle:

J’aurai beaucoup de chose à partager sur la phase de révision de la Règle, mais je retiens seulement un aspect que j’ai déjà évoqué : comment parvenir à un consensus sur des textes normatifs si des réalités sont vécues différemment avec une problématique variée à travers le monde? Une fois encore j’ai expérimenté l’Esprit de Dieu à l’oeuvre dans la conduite de notre Institut depuis les premiers Frères.

La visite en Espagne :

Profitant de la présence du Frère visiteur de l’ARLEP et des visiteurs auxiliaires des différents secteurs, cette visite a été très bien préparée. Vu le nombre de jours dont je dispose pour cette tournée, je ne pouvais par rêver de parcourir tous les secteurs du grand District de l’ARLEP. Le critère de choix était difficile puisque nous avons au Golfe du Bénin, des Frères de tous les secteurs de l’Espagne. Le secteur de Madrid était inévitable puisque le pied à terre était Marqués de Mondéjar.

A la Catalogne se trouve un Frère avec lequel j’ai vécu beaucoup d’année dans la communauté à Togoville, et qui m’a marqué par l’exemplarité de sa vie et son don total pour le service. J’évite de nommer ce Frère pour ne pas blesser son humilité, mais vous pouvez le deviner aisément. En faisant mes calculs, il faut un troisième secteur que je pouvais encore visiter, comment le choisir étant donné qu’il en reste quatre ? Devant ce dilemme, je me suis rappelé une invitation qui m’avait été adressée avant même mon voyage pour le Chapitre à Rome. Ce Frère, ancien Visiteur de l’ARLEP, est du secteur de Bilbao. Ce motif était-il suffisant? Non ! Un de mes anciens Frères formateurs de Noviciat du secteur de Valencia-Palma m’avait adressé la même invitation bien auparavant, lors de mon premier séjour à Rome en janvier 2014 pour le Cil. Que faire ! Il faillait trouver d’autres arguments pour faire peser la balance d’un côté ou de l’autre. J’ai entendu dire que Bilbao se voulait « capitale du monde », en plus c’est le secteur du FV sortant. Même jusque là, j’étais encore hésitant, mais quand j’ai réalisé que c’est aussi l’occasion pour aller rencontrer le Frère « Venga », alors là…. Le choix n’a pas été clair ! Et j’espère ne pas faire des mécontents. Ce n’est que partie remise !

Partout je me suis senti à l’aise. Je me demandais souvent si je méritais toutes ces considérations ! À la Catalogne, depuis la gare de l’AVE (Alta Velocidad España) où Frère Joseph Guiteras (Visiteur auxiliaire de secteur) et Frère Toni Baquero sont venus m’accueillir jusqu’à la fin de mon séjour dans ce secteur, j’ai été soigné aux « petits oignons ». Malgré toutes les contraints liées à la fin d’année scolaire, F Felipe a sacrifié toute une journée pour me conduire de Barcelone à Cambrils pour aller rendre visite à F Aloy. Nous avons été rejoints par F Emilio venu de Mollerusa juste pour me rencontrer et avoir des nouvelles de son ancien District et faire battre encore son coeur pour La Salle- Kopé. Journée inoubliable qui s’est terminé par la mélancolie de la séparation entre le doyen et moi. J’ai eu l’occasion de visiter aussi les tombes des Frères qui ont travaillé dans notre District et qui nous ont précédés dans le Royaume.

Mon arrivée en pays basque a été préparée depuis Rome par F José Román PÉREZ (visiteur auxiliaire du secteur) promotionnaire de F. Sauras. A ma descende de l’avion à Bilbao, F Pedro Astigarraga et M. Borja m’attendaient. Quel relief et quel paysage? Avant de rejoindre la communauté j’ai déjà contemplé presque toute la ville du haut d’une montagne. Au fait Bilbao n’était qu’une escale, le lendemain il fallait se rendre à San Asencio pour participer à la journée des Missions le dimanche de la Sainte Trinité. Frères et collaborateurs lasalliens se sont retrouvés pour célébrer ensemble la mission. Au cours de l’Eucharistie, deux professeurs ont fait leur engagement dans l’association. Cérémonie pleine de vitalité et de dynamisme qui montre la place et l’importance des laïcs dans la mission éducative lasallienne. Mais il a fallu vivre cette réalité pour comprendre certains débats pendant le Chapitre.

L’étape finale en pays basque fut San Sébastian, là se trouve la maison provinciale. Frère José-Manuel Agirezabalaga n’a ménagé aucun effort pour me faire découvrir les merveilles de la ville. Ce fut aussi les grandes retrouvailles avec F Pedro Alberdi qui est venu exprès de sa communauté pour me rendre visite. Ensemble nous avons partagé les nouvelles du District et « chanté en terre étrangère quelques chants de Sion » en conclusion F Pedro profitera, pendant qu’il est encore temps, d’un groupe d’été pour revenir faire le deuil de l’Afrique.

Dernière étape du séjour en Espagne: Secteur de Madrid. Frère Aquilino (visiteur auxiliaire du secteur) était au quai à ma descente du train. Il a dû quitter précipitamment une réunion pour venir à ma rencontre : merci Frère. Chevauchement de programme, on m’attendait à Marqués de Mondéjar, mais dès que j’ai rencontré F Antonio Barba, le programme a changé ! Petit tour avec « Maestro » pour visiter la splendide communauté de la maison provinciale du secteur et le Centre universitaire. Dans l’après-midi, M. Raul, un des anciens coopérants d’Akassato en 2012 est venu me chercher pour visiter la ville de Madrid. Le séjour à Madrid a été tellement court que je n’ai pas pu répondre à un RDV de EDIFICANDO et découvrir le grand collège Maravillas de Madrid. Je présente toutes mes excuses au responsable de cet ONG et surtout à Servando qui a joué à la médiation. La fin de mon séjour a été ternie par la débâcle de las Rojas devant une modeste équipe de Chili, mettant fin à l’espoir de tout un peuple.

Je réitère toute ma grtitude à Frère Jesús Miguel ZAMORA visiteur de l’ARLEP qui a coordonné tout le programme de ma visite depuis Rome. A tous les Frères qui m’ont donné de leur temps, je dis un sincère merci. Mes remerciements vont également au Frère Directeur de Marqués de Mondéjar, au Frère économe de l’ARLEP, au Frère Julio PARADA qui a été mon premier guide pour la découverte de Madrid et qui a été disponible jusqu’à la fin de mon séjour.

Frère Paulin DEGBE;, Visiteur.